Deux ans, à compter de la livraison
La garantie légale de conformité s'applique à tout bien acheté auprès d'un vendeur professionnel par un consommateur. Elle couvre les appareils électroménagers et électroniques, les meubles, les vêtements, les véhicules, mais aussi, depuis son extension, les biens comportant des éléments numériques ainsi que les contenus et services numériques.
Sa durée est de deux ans à compter de la délivrance du bien, c'est-à-dire de la date à laquelle vous l'avez effectivement reçu, et non de celle de la commande ou du paiement. Pour un achat en magasin, les deux dates se confondent ; pour une commande en ligne livrée trois semaines plus tard, c'est bien la livraison qui fait courir le délai.
Cette garantie présente trois caractéristiques essentielles. Elle est gratuite : elle ne se souscrit pas et ne se paie pas. Elle est automatique : elle s'applique même si le ticket de caisse n'en dit pas un mot, et aucune clause contractuelle ne peut l'écarter ou la réduire. Et elle est d'ordre public : un vendeur qui vous affirme que « la garantie est d'un an » énonce simplement une contre-vérité, il parle de sa garantie commerciale, pas de la vôtre.
Un défaut de conformité, c'est un bien qui ne correspond pas à ce qui était annoncé : il ne fonctionne pas, fonctionne mal, ne présente pas les qualités décrites, ne correspond pas à l'usage attendu, ou arrive incomplet. Une panne prématurée entre parfaitement dans cette définition.
La présomption d'antériorité, votre meilleur atout
C'est le mécanisme le plus puissant du dispositif, et le moins connu. En principe, celui qui réclame quelque chose doit le prouver, il faudrait donc démontrer que le défaut existait déjà au moment de l'achat, ce qui serait pratiquement impossible pour un particulier.
La loi inverse cette charge de la preuve. Tout défaut qui apparaît dans les vingt-quatre mois suivant la livraison d'un bien neuf est présumé avoir existé au moment de la délivrance. Autrement dit : vous n'avez rien à démontrer. C'est au vendeur, s'il veut refuser, de prouver que le défaut vient d'un mauvais usage, d'un choc, d'un défaut d'entretien ou d'une cause extérieure.
Pour un bien d'occasion vendu par un professionnel, cette présomption est ramenée à douze mois. La garantie légale, elle, reste de deux ans : passé le premier an, c'est simplement à vous d'établir l'antériorité du défaut.
Concrètement, cette inversion change tout au comptoir du service après-vente. Face à un « ça doit venir de vous », la réponse tient en une phrase : le défaut est apparu dans les vingt-quatre mois, il est présumé antérieur, c'est à vous d'apporter la preuve contraire. Beaucoup de refus s'évaporent à ce stade, précisément parce qu'ils reposaient sur l'espoir que vous ignoriez la règle.
Trois garanties à ne pas confondre
Elles se cumulent : vous pouvez choisir celle qui vous arrange le plus, et l'échec de l'une n'interdit pas d'invoquer l'autre.
| Garantie | Durée | Contre qui | Charge de la preuve |
|---|---|---|---|
| Légale de conformité | 2 ans après la livraison | Le vendeur professionnel | Sur le vendeur pendant 24 mois (12 en occasion) |
| Légale des vices cachés | 2 ans après la découverte du vice, dans la limite de 20 ans après la vente | Le vendeur, y compris un particulier | Sur l'acheteur |
| Commerciale (constructeur ou magasin) | Variable, définie au contrat | Celui qui l'accorde | Selon les conditions du contrat |
La garantie commerciale s'ajoute aux garanties légales, elle ne les remplace jamais. Une extension de garantie payante n'a donc d'intérêt réel qu'au-delà de la troisième année.
Ce que vous pouvez exiger, et dans quel ordre
Le dispositif fonctionne en deux temps, et il faut respecter cette séquence pour être en position de force.
Premier temps : la remise en conformité. Vous choisissez entre la réparation et le remplacement du bien. Ce choix vous appartient, avec une seule limite : le vendeur peut imposer l'autre solution si celle que vous demandez entraîne un coût manifestement disproportionné. Remplacer un lave-vaisselle entier pour une durite à trois euros entre dans cette exception ; refuser de remplacer un téléphone dont l'écran a été réparé trois fois n'y entre pas.
Cette remise en conformité doit intervenir sans aucun frais pour vous : ni pièces, ni main-d'œuvre, ni transport, ni frais de dossier ou de devis. Elle doit aussi se faire sans inconvénient majeur et dans un délai maximum de trente jours à compter de votre demande.
Second temps : la sortie du contrat. Si la réparation ou le remplacement est impossible, s'il n'intervient pas dans les trente jours, s'il ne règle pas le problème ou s'il vous cause un inconvénient majeur, vous basculez sur deux nouvelles options : une réduction du prix en conservant le bien, ou la résolution du contrat, vous rendez le bien, on vous rembourse intégralement. La résolution est exclue dans un seul cas : lorsque le défaut est mineur.
Bonne nouvelle supplémentaire : vous pouvez demander la résolution immédiatement, sans passer par la case réparation, lorsque le défaut est si grave qu'il justifie un remboursement sans délai.
Les chiffres qui font votre dossier
Réparation et remplacement : ce que devient la garantie
Voici un point que très peu de consommateurs connaissent, et qui a une vraie valeur quand un appareil tombe plusieurs fois en panne.
Lorsque le bien est réparé dans le cadre de la garantie légale de conformité, celle-ci est prolongée de six mois. Un appareil livré en janvier, réparé en octobre de l'année suivante, reste donc couvert jusqu'en juillet de la troisième année, six mois de plus que les deux ans initiaux. Cette prolongation s'ajoute à chaque réparation intervenue dans ce cadre.
Lorsque le bien est remplacé, l'effet est encore plus favorable : une nouvelle garantie légale de deux ans court à compter de la remise du bien de remplacement. Vous repartez de zéro, comme pour un achat neuf.
Un réflexe en découle : conservez systématiquement l'ordre de réparation, le bon de prise en charge et la date de restitution. Ce sont ces documents qui vous permettront, dix-huit mois plus tard, de démontrer que votre garantie court toujours. Et si vous avez fait réparer un appareil hors garantie par un réparateur indépendant, sachez qu'une réparation avec des pièces détachées ne fait pas automatiquement tomber vos droits, c'est une question qui se pose souvent, comme le montre le cas des réparations d'iPhone avec pièces détachées.
La marche à suivre, étape par étape
Quatre étapes, de la simple demande au recours. La grande majorité des dossiers se règlent aux deux premières.
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1. Réunir la preuve d'achat et documenter le défaut
Ticket de caisse, facture, relevé bancaire, e-mail de confirmation de commande : tout élément datant l'achat convient, la facture n'est pas la seule preuve admise. Photographiez ou filmez le défaut, notez la date de son apparition et les circonstances. Un dossier daté vaut mieux qu'un long argumentaire.
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2. Formuler la demande auprès du vendeur, par écrit
Adressez-vous au vendeur en invoquant expressément la garantie légale de conformité, le terme compte, il change la nature de la conversation. Indiquez la solution choisie, réparation ou remplacement, et rappelez le délai de trente jours. Un e-mail suffit pour ouvrir le dialogue ; conservez-en une copie.
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3. Mettre en demeure en recommandé
En cas de refus ou de silence, envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception. Rappelez la date de livraison, la présomption d'antériorité de vingt-quatre mois, le délai de trente jours, et annoncez qu'à défaut de réponse sous quinze jours vous demanderez la résolution du contrat. Ce courrier est la pièce maîtresse de tout recours ultérieur.
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4. Saisir le médiateur, puis le juge
Chaque professionnel doit adhérer à un médiateur de la consommation, dont les coordonnées figurent dans ses conditions générales et sur son site. La saisine est gratuite pour le consommateur et constitue le recours le plus efficace. Vous pouvez également signaler le litige sur la plateforme publique SignalConso. En dernier ressort, le tribunal judiciaire peut être saisi, sans avocat pour les litiges les plus modestes.
Conformité ou vice caché : quel terrain choisir ?
Les deux garanties se cumulent. Le choix dépend de qui vous a vendu le bien et depuis combien de temps.
Garantie légale de conformité
- Uniquement contre un vendeur professionnel
- 2 ans à compter de la livraison
- Aucune preuve à apporter pendant 24 mois
- Réparation, remplacement, puis remboursement
- La voie à privilégier dans presque tous les cas
Garantie des vices cachés
- Contre tout vendeur, y compris un particulier
- 2 ans à compter de la découverte du vice
- À vous de prouver le vice, son antériorité et sa gravité
- Remboursement total ou partiel du prix
- Utile après 2 ans, ou pour un achat entre particuliers
La garantie des vices cachés, le second filet
Quand la garantie de conformité est éteinte, ou quand vous avez acheté à un particulier, cas fréquent pour une voiture d'occasion, il reste la garantie des vices cachés, prévue par le code civil. Son intérêt principal est sa durée : l'action se prescrit par deux ans à compter de la découverte du vice, dans la limite de vingt ans après la vente. Un défaut grave découvert quatre ans après l'achat reste donc actionnable.
La contrepartie est une exigence de preuve nettement plus lourde. Il vous faut établir trois choses : que le vice était caché, c'est-à-dire indécelable lors d'un examen normal au moment de l'achat ; qu'il était antérieur à la vente ; et qu'il est suffisamment grave pour rendre le bien impropre à son usage, ou pour que vous ne l'auriez pas acheté à ce prix en le connaissant. En pratique, une expertise est souvent nécessaire.
Si le vice est établi, vous pouvez choisir entre rendre le bien contre remboursement intégral, ou le garder en obtenant une restitution partielle du prix. Et si le vendeur est un professionnel qui connaissait le vice, il peut en outre être condamné à des dommages et intérêts.
Enfin, ne confondez pas ces garanties avec le droit de rétractation, qui répond à une logique tout autre : il vous permet de changer d'avis sans motif après un achat à distance, sur un bien parfaitement conforme, dans un délai bien plus court, voyez notre guide sur le délai légal de rétractation après un achat en ligne. La garantie de conformité, elle, ne s'intéresse qu'aux biens défectueux, et elle joue pendant deux ans.
La garantie légale n'est pas un geste du vendeur : c'est une obligation qui pèse sur lui, que le contrat en parle ou non.
Questions fréquentes
Mon appareil est tombé en panne au bout de 18 mois, ai-je encore un recours ?
Oui, pleinement. La garantie légale de conformité couvre deux ans à compter de la livraison, et à dix-huit mois vous êtes encore dans les vingt-quatre mois de présomption d'antériorité : vous n'avez rien à prouver, c'est au vendeur d'établir que la panne vient d'un mauvais usage. Adressez-vous au magasin où vous avez acheté, en invoquant expressément la garantie légale de conformité.
Le vendeur peut-il me facturer le devis ou le transport ?
Non. La mise en conformité doit être réalisée sans aucun frais pour l'acheteur : pièces, main-d'œuvre, transport, frais de dossier et de devis compris. Si des frais vous sont réclamés, rappelez-le par écrit. Un devis payant ne peut vous être facturé que si vous êtes hors garantie légale et que vous l'avez accepté au préalable.
Quelle différence entre garantie légale et garantie constructeur ?
La garantie légale est imposée par la loi, gratuite, valable deux ans, et s'exerce contre le vendeur. La garantie commerciale du constructeur ou du magasin est facultative, définie par un contrat, de durée variable, et souvent assortie de conditions. Elle s'ajoute à la garantie légale sans jamais s'y substituer : vous choisissez celle qui vous arrange.
Une extension de garantie payante vaut-elle le coup ?
Rarement sur les premières années, puisque vous êtes déjà couvert deux ans gratuitement par la garantie légale, une « extension à deux ans » ne vous apporte donc strictement rien. Elle ne présente d'intérêt qu'à partir de la troisième année, et à condition de vérifier ce qu'elle couvre réellement, ses exclusions et sa franchise.
La garantie repart-elle à zéro après une réparation ?
Pas à zéro, mais elle est prolongée de six mois après une réparation effectuée dans le cadre de la garantie légale. En revanche, si le bien est remplacé, une nouvelle garantie légale de deux ans court à compter de la remise du bien de remplacement. Conservez impérativement le bon de prise en charge et la date de restitution pour pouvoir en faire la preuve.
Cette garantie s'applique-t-elle à un achat entre particuliers ?
Non. La garantie légale de conformité suppose un vendeur professionnel. Pour un achat auprès d'un particulier, sur une plateforme de petites annonces, par exemple, votre seul recours est la garantie des vices cachés : deux ans à compter de la découverte du vice, mais avec la charge de prouver que le défaut était caché, antérieur à la vente et suffisamment grave.
En résumé
Trois repères suffisent à faire valoir vos droits : deux ans à compter de la livraison, une présomption d'antériorité de vingt-quatre mois, et un interlocuteur unique, le vendeur. La formule à employer tient en une phrase : « je fais jouer la garantie légale de conformité ». Elle transforme une demande de geste commercial en exercice d'un droit, et elle règle l'essentiel des situations dès le premier échange. Photographiez votre facture le jour de la livraison, conservez chaque bon de réparation, et souvenez-vous qu'une réparation vous offre six mois de couverture supplémentaires.