45 jours : le délai exact et son point de départ

En France, vous disposez de 45 jours calendaires pour contester une amende radar (excès de vitesse, feu rouge, stop, franchissement de ligne continue) constatée par un dispositif automatisé. Ce délai part de la date d'envoi de l'avis de contravention, indiquée en haut du courrier, et non de la date à laquelle vous l'avez ouvert ou même reçu dans votre boîte aux lettres.

C'est un point souvent mal compris : un avis parti le 3 du mois et arrivé le 8 ne vous donne pas 45 jours à partir du 8, mais à partir du 3. Un départ en vacances, un déménagement non signalé ou une boîte aux lettres mal relevée ne suspendent pas le compteur. D'où l'intérêt de vérifier régulièrement son courrier, y compris administratif, surtout après un trajet où vous avez pu être flashé.

Ce même délai de 45 jours s'applique aussi si vous souhaitez payer l'amende au tarif minoré plutôt que la contester : les deux options, payer ou contester, partagent la même fenêtre, mais s'excluent mutuellement.

Tableau : les délais selon chaque étape de la procédure

La procédure comporte plusieurs jalons, chacun avec sa propre fenêtre d'action.

ÉtapeDélaiCe qu'il est possible de faire
Avis de contravention initial15 joursPayer au tarif minoré (réduit) si vous ne contestez pas
Avis de contravention initial45 joursPayer au tarif forfaitaire (non minoré) ou déposer une contestation
Avis de majoration (si rien fait sous 45 jours)15 jours supplémentairesPayer le montant majoré ; la contestation reste possible mais plus risquée
Rejet d'une contestation par l'officier du ministère public45 joursContester devant la juridiction de proximité compétente
Non-paiement après majoration, Recouvrement forcé par le Trésor public (opposition administrative sur salaire ou compte bancaire)

Le paiement en ligne ou par téléphone accorde en pratique jusqu'à 3 jours ouvrés supplémentaires pour bénéficier du tarif minoré, mais ce délai bonus ne s'applique pas à la contestation.

4 étapes pour contester une amende radar

La contestation se fait exclusivement via l'ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions), en ligne ou par courrier.

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    Rassembler les informations de l'avis

    Numéro de l'avis de contravention, numéro d'immatriculation du véhicule et date de l'infraction : ces trois éléments sont indispensables pour accéder au dossier en ligne sur amendes.gouv.fr.

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    Choisir le motif de contestation

    Le formulaire de requête en exonération demande de cocher un motif précis : vous n'étiez pas le conducteur, le véhicule avait été cédé ou volé, une erreur affecte la plaque relevée, un vice de forme entache l'avis, etc. Un motif flou ou hors-cadre ('je ne suis pas d'accord') est rejeté d'office.

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    Joindre les pièces justificatives

    Selon le motif choisi : certificat de cession du véhicule, dépôt de plainte pour vol, photo du cliché radar si elle est illisible ou contradictoire avec les faits reprochés. Sans pièce à l'appui, la requête a très peu de chances d'être retenue.

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    Envoyer et conserver la preuve de dépôt

    En ligne, un accusé de dépôt horodaté est généré instantanément : à conserver précieusement. Par courrier, privilégiez la lettre recommandée avec accusé de réception adressée à l'Officier du ministère public (OMP) dont l'adresse figure sur l'avis.

Les motifs de contestation qui ont une chance d'aboutir

Toutes les contestations ne se valent pas : certains motifs sont fréquemment retenus, d'autres presque systématiquement rejetés.

Motifs généralement recevables

  • Vous n'étiez pas le conducteur et désignez la personne au volant
  • Le véhicule avait été vendu avant l'infraction (certificat de cession à l'appui)
  • Le véhicule était volé ou la plaque usurpée (dépôt de plainte)
  • La plaque relevée sur le cliché ne correspond pas à la vôtre
  • Un vice de forme affecte l'avis (délai dépassé, mentions obligatoires absentes)

Motifs presque toujours rejetés

  • « Je ne roulais pas si vite » sans élément technique probant
  • Panneau de limitation mal placé ou masqué, sans photo à l'appui
  • Urgence personnelle ou raison de santé au moment des faits
  • Radar mal calibré, invoqué sans rapport de vérification métrologique
  • Ignorance de la limitation de vitesse sur le tronçon concerné

Questions fréquentes

Le délai de 45 jours peut-il être prolongé ?

Non, il s'agit d'un délai légal fixe qui ne se prolonge pas pour convenance personnelle (vacances, hospitalisation, boîte aux lettres non relevée). Seule une preuve que l'avis ne vous est jamais parvenu pour une raison imputable à l'administration peut être discutée devant le juge.

Puis-je contester après avoir payé l'amende ?

Non : le paiement, même partiel ou au tarif minoré, vaut reconnaissance de l'infraction et rend toute contestation ultérieure irrecevable. Il faut choisir entre payer et contester, jamais les deux.

Que se passe-t-il si ma contestation est rejetée ?

L'officier du ministère public peut classer sans suite votre requête (rare) ou la transmettre au tribunal de police. Si elle est rejetée, vous devez régler le montant forfaitaire non minoré, parfois assorti de frais de procédure, dans un nouveau délai de 45 jours.

La contestation suspend-elle le retrait de points ?

Le retrait de points est généralement suspendu tant que la contestation est en cours d'examen, mais il redevient effectif si la requête est rejetée. Renseignez-vous sur votre solde de points avant de vous engager dans une procédure longue.

En résumé

En résumé : vous avez 45 jours à compter de la date d'envoi de l'avis pour payer ou contester une amende radar : jamais les deux. Passé ce délai, la majoration puis le recouvrement forcé prennent le relais, sans nouvelle marge de manœuvre. Si vous décidez de contester, un motif précis et documenté fait toute la différence entre une requête classée sans suite et un dossier transmis au tribunal. Comme pour toute démarche administrative à délai serré : par exemple le délai légal de rétractation après un achat en ligne : mieux vaut agir dès réception du courrier plutôt que de laisser filer les jours.